Coronavirus: des chiffres alarmants noyés par la série d'affrontements dans les mosquées

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Le ministre de la Santé a changé de décor pour annoncer son décompte. La salle est désormais vide de journalistes et techniciens des médias qui se contentent, de leurs rédactions, de suivre à la télé ou sur les réseaux sociaux. Ce n'est pas pour autant que le rythme s'est estompé.

Aujourd'hui, après l'éclairci de la journée d'hier, l'aiguille est remontée en flèche. Neuf nouveaux cas sont revenus positifs (quatre cas importés et cinq cas contacts) sur la cinquantaine de prélèvements réalisés par l'Institut Pasteur de Dakar. Le bilan est désormais de 47 cas positifs, 5 guéris et 42 sous traitement entre Dakar et Touba. Mais, ces chiffres alarmants et la situation qui risque de s'empirer si les tests réalisés augmentent (ce qui est très probable avec l'intégration du labo P3 de l'IRESSEF dès lundi), ont pourtant été noyés par une autre actualité en ce vendredi.

Une vague de contestations de l'arrêté du gouverneur de Dakar, Al Hassan Sall, portantfermeture temporaire des mosquéesà partir de ce vendredi 20 mars 2020, jusqu'à nouvel ordre sur l'étendue du territoire régional.

Hier soir, l'administrateur territorial a justifié sa mesure par l'application de l'arrêté du ministre de l'Intérieur «portant interdiction provisoire de manifestations ou rassemblements, et en raison du rythme de progression de la maladie du coronavirus (Covid-19) dans la région de Dakar.»

Si plusieurs imams ont annoncé les jours précédents leur décision de respecter la mesure, ce vendredi, plusieurs fidèles, en différents endroits, ont tenté de bravé l'interdiction. A la mosquée Massalikul Jinaan de Colobane, malgré le « ndigël » du Khalife général des Mourides,ordonnant sa fermeture provisoire, plusieurs fidèles ont tenu à faire le déplacement pour effectuer la prière du vendredi.

Mais ils ont dû faire face à la répression policière. Des grenades lacrymogènes ont été lancées pour disperser les grappes de fidèles qui se formaient. Certains ont été embarqués par la polices. Des journalistes et des cameramen n'ont pas échappé à la répression. Aux dernières nouvelles, tous ont été relaxés.

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