Coronavirus : l'ONU appelle à libérer des détenus pour éviter une flambée du virus

Par , publié le .

Actualité

La Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Michelle Bachelet a appelé à la libération urgente de détenus à travers le monde pour éviter que la pandémie de Covid-19 ne fasse des « ravages » dans les prisons souvent surpeuplées.
Alors que la pandémie de coronavirus ne cesse de progresser, la Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Michelle Bachelet a appelé mercredi 25 mars à la libération urgente de détenus à travers le monde pour éviter que le virus ne fasse des « ravages » dans les prisons.
La Haut-Commissaire exhorte « les gouvernements et les autorités compétentes à travailler rapidement pour réduire le nombre de personnes en détention », en libérant par exemple « les détenus les plus âgés et ceux malades, ainsi que les délinquants présentant un risque faible ».
Des mesures d'exception en France
En France, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a déjà présenté plusieurs mesures d'exception pour la justice, dont certaines devraient permettre de libérer entre 5 000 et 6 000 détenus des prisons françaises.
Ces mesures permettent « d'apprécier avec davantage de mansuétude qu'à l'accoutumée les demandes de réduction de peine ou les libérations conditionnelles », a souligné mercredi Nicole Belloubet. Certains dispositifs existants – notamment concernant l'examen des suspensions de peine et des libérations sous contrainte – et sur lesquels travaillent depuis dix jours les juges d'application des peines (JAP), seront simplifiés.
Les prisons françaises, qui souffrent de surpopulation chronique, comptent plus de 70 000 détenus pour quelque 61 000 places opérationnelles.
Une préoccupation mondiale
Dans d'autres pays, la situation est alarmante. En Syrie, le nouveau coronavirus pourrait provoquer une « catastrophe » dans les prisons surpeuplées du régime de Bachar el-Assad, où le manque de soins médicaux expose plusieurs dizaines de milliers de détenus au risque de contamination, ont mis en garde des ONG. « Un seul cas de coronavirus dans les centres de détention (…) sera catastrophique », a indiqué Sara Kayyali, chercheuse à Human Rights Watch (HRW).
En Colombie, le gouvernement a annoncé des mesures d'urgence pour faire face à la surpopulation dans les prisons en période d'épidémie de coronavirus après une violente mutinerie à Bogota qui a fait 23 morts et 90 blessés. Elle s'est étendue à une douzaine de prisons à travers le pays.

O commentaire

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas publié. Champ obligatoire (*)