Donald Trump nie avoir été informé de possibles primes versées par Moscou en Afghanistan

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Donald Trump a assuré dimanche ne pas avoir été « briefé » sur de possibles primes versées par Moscou à des insurgés pour tuer des soldats occidentaux en Afghanistan, contrairement à ce qu'affirment plusieurs quotidiens. La Russie et les talibans ont démenti en bloc ces informations.

Donald Trump n'aurait pas été « briefé ». Le New York Times, puis le Washington Post et le Wall Street Journal, ont rapporté que des agents russes avaient discrètement distribué de l'argent à des combattants « proches des talibans » pour qu'ils tuent des soldats américains ou de l'Otan en Afghanistan. Des informations qui auraient échappé au président américain et commandant en chef des armées qui dit ne pas avoir été informé.

« Personne ne m'a briefé, ou n'a briefé le vice-président, Mike Pence, ou encore le chef de cabinet, Mark Meadows, sur les soi-disant attaques sur nos troupes en Afghanistan par les Russes », a assuré le président américain dans un tweet matinal. « Tout le monde le nie et il n'y a pas eu beaucoup d'attaques contre nous », a-t-il ajouté, en s'en prenant pour la énième fois aux « médias bidons ».


Les grands médias américains affirment que ces informations ont été transmises au président Trump et que le conseil de Sécurité nationale de la Maison Blanche en a discuté à la fin mars sans qu'aucune réaction ne soit décidée. Les grands quotidiens citent des sources anonymes au sein du renseignement américain.

Mais le nouveau directeur du renseignement national, John Ratcliffe a démenti dans un communiqué de quatre lignes que l'exécutif ait été au courant. « L'article du New York Times et les suivants sur une prétendue réunion (à la Maison Blanche) sont inexacts », a-t-il écrit. La Russie et les talibans ont également démenti en bloc ces informations.

Donald Trump, « lèche-bottes » de Vladimir Poutine

Ces démentis n'ont pas mis un terme à la polémique. Que le président Trump « ait été briefé ou pas, son administration savait », a relevé la cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, sur la chaîne ABC News. Si le milliardaire républicain ne ment pas, cela implique que son administration a choisi de ne pas l'informer, et cela montre qu'elle « est soucieuse de ne pas évoquer la Russie [avec lui] », a estimé Mme Pelosi. Pour elle, « le président veut ignorer toutes les allégations contre la Russie ». Il « lèche les bottes [de Vladimir Poutine] de toutes les manières possibles », a-t-elle encore asséné en lui reprochant de s'intéresser aujourd'hui davantage à son image qu'à creuser le fond de l'affaire.


L'ancien conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, en conflit ouvert avec Donald Trump à qui il vient de consacrer un livre au vitriol, a abondé lors d'un entretien sur CNN. « Le fait que le président se sente obligé de tweeter sur ces articles montre que sa priorité n'est pas la sécurité de nos forces, mais de ne pas avoir l'air indifférent », a déclaré ce faucon républicain qui a quitté la Maison Blanche en septembre. Pour John Bolton, le président cherche à se dédouaner : « Il dit 'personne ne m'a tenu au courant, donc vous ne pouvez pas me le reprocher' ». Il demande sur Twitter qu'une « investigation immédiate » soit menée pour mettre cette affaire au clair.


« Personne n'a été plus fort envers la Russie que l'administration Trump »

Le sujet est effectivement sensible pour Donald Trump qui, à moins de cinq mois de la présidentielle, aime à dénoncer la « faiblesse » supposée de son rival démocrate Joe Biden, l'ancien vice-président de Barack Obama. « Personne n'a été plus fort envers la Russie que l'administration Trump », a-t-il encore tweeté dimanche matin. « Avec Joe Biden le corrompu et Obama, la Russie avait tout le terrain de jeu », a-t-il poursuivi.

De plus, le gouvernement américain est engagé dans de délicats pourparlers avec les insurgés talibans. Le 29 février, ils ont signé un accord à Doha avec Washington, dans lequel ils se sont engagés à cesser d'attaquer. Depuis, ils ne s'en prennent plus aux soldats étrangers, mais poursuivent leurs opérations contre les forces afghanes, auxquelles Washington continue de venir en aide.

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