FESTIVAL DE JAZZ DE SAINT-LOUIS : 50 millions par an promis par Abdoulaye Diop

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Le ministère de la Culture promet de soutenir davantage l'association Saint-Louis Jazz, dans l'organisation du festival éponyme qui a débuté, vendredi et se termine le 1er mai. Le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop a promis aux organisateurs un appui annuel de 50 millions de F Cfa.

« Le ministre de la Culture m'a appelé avant-hier (Ndlr: jeudi) pour me dire qu'il allait venir à Saint-Louis. Il est retenu par des questions de calendrier. Mais il viendra, quel que soit alpha avec l'enveloppe du président de la République et c'est ce qu'il a fait en compagnie du maire''. Ainsi répond le président de l'association Saint-Louis Jazz, Ibrahima Diop, à ceux qui pensent qu'Abdoulaye Diop et le maire de la ville tricentenaire, Mansour Faye, ont raté l'ouverture. Il ne veut, en aucune manière, mettre l'accent sur l'absence de ces deux autorités, vendredi soir à la cérémonie officielle d'ouverture de la 27e édition du Festival international de jazz de Saint-Louis. « Je ne veux pas polémiquer sur cela'', a-t-il lancé pour clore le débat. A juste raison!

La présence de ces dernières personnes ne serait que symbolique et ne donnerait pas plus qu'un cachet officiel à l'évènement qui n'en a pas forcément besoin. Aussi, la visite de ce duo, samedi, au siège de l'association Saint-Louis Jazz, n'est que « salvatrice'', selon Me Diop. Une enveloppe de 20 millions a été remise, à l'occasion, aux organisateurs de cet évènement. Les 5 millions constituent le soutien du ministère de la Culture et de la Communication, et le reste celui du président de la République Macky Sall. Cela vient atténuer les tensions de trésorerie, puisque, jusqu'à samedi, le budget estimé à 180 millions n'était couvert qu'à 40 %. La session de cette année a même failli ne pas se tenir, par manque de moyens. « N'eût été la Bicis, cette édition ne se serait pas tenue'', a indiqué Me Diop. « Les subventions tombent toujours tardivement. A cela s'ajoute, cette année, le calendrier électoral'', a-t-il expliqué.

Les problèmes de trésorerie persistent

En outre, chaque année, des problèmes de trésorerie se posent. Donc, dire que l'édition a failli ne pas se tenir cette année n'est qu'une ritournelle. C'est pourquoi, le maire de Saint-Louis, Mansour Faye, a demandé au ministre de la Culture et de la Communication d'inscrire le festival de jazz dans son budget annuel. Une requête bien prise en charge. Abdoulaye Diop a annoncé avoir instruit ses collaborateurs dont le directeur des Arts, dans la phase évaluation de Saint-Louis Jazz, de voir les zones d'amélioration dont une inscription budgétaire. Mieux encore, à en croire le président de l'association Saint-Louis Jazz, le ministre de la Culture et de la Communication a confirmé un soutien annuel de 50 millions qui sera inscrit dans le budget annuel du département qu'il dirige.

Lors de la cérémonie d'ouverture, vendredi soir à la place Faidherbe, le directeur du Patrimoine, Abdou Aziz Guissé, venu représenter Abdoulaye Diop, donnait les prémices de ce que va désormais devenir la collaboration entre la tutelle et les organisateurs. »Je puis vous assurer que des dispositions très nettes ont été prises, et vous en aurez la primeur en rencontrant le ministre de la Culture et de la Communication qui va, dans les jours à venir, revoir ce partenariat avec l'association pour que la présence de la tutelle soit effective en termes d'appui, d'accompagnement et de soutien (…) Sur instruction du président de la République, le ministre de la Culture s'est engagé à revoir à la hausse le budget pour l'organisation du festival, et la convention a été signée'', disait-il. Une décision qui résulte d'un constat: « Nous sommes conscients que le rayonnement du Sénégal à l'étranger dépend de sa culture. Donc, il nous faut améliorer le festival de jazz qui est devenu un label'', a soutenu Abdoulaye Diop.

« Les Saint-Louisiens ne nous soutiennent pas du tout''

Seulement, il est utopique de croire que ce seul acte va permettre de faire vivre cette manifestation. « L'Etat ne devrait même pas soutenir ce festival, parce qu'étant organisé par un privé'', a reconnu Me Diop. Une manière de dire que c'est aux organisateurs de trouver les moyens suffisants. Ces derniers seraient dans cette optique. On est dans le conditionnel, parce qu'on annonce, depuis belle lurette, la mutation de l'association Saint-Louis Jazz en fondation, pour prétendre à plus de financements. Mais l'on reste toujours dans les effets d'annonce. « L'assemblée générale extraordinaire a adopté les statuts et est d'accord pour qu'on en fasse une fondation. Les statuts sont enregistrés. Il reste à constituer le fonds de dotation. Si nos créanciers acceptent de convertir leurs dettes en participation au quart du budget de la fondation qui doit être de 100 millions, ce sera très heureux. On démarrera avec ça'', a-t-il fait savoir pour dire que les choses commencent à se concrétiser. « Pour le reste, les Saint-Louisiens n'ont qu'à venir. Ils ne soutiennent pas l'association, pas du tout. Ils ne font que critiquer ce que nous faisons. Il faut qu'ils arrêtent de tirer à boulets rouges sur le festival », a-t-il appelé.

En attendant que cela se fasse, l'association essaie d'améliorer sa santé financière. Selon Me Diop, les déficits des diverses éditions tenues sont résorbés pour la plupart. « Il n'y a presque plus de dettes'', a-t-il assuré.

BIGUE BOB (Envoyée spéciale à Saint-Louis)

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