La Dscos «oublie» les intouchables

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Les environnementalistes, urbanistes, architectes, géographes, paysagistes et la société civile n'ont pas encore eu gain de cause en ce qui concerne la libération du littoral du Phare des Mamelles. Réunis en collectif citoyen «Touchez pas aux terres du phare des Mamelles», ces acteurs auront encore à se faire entendre. Pour cause, les chantiers au pied de la colline du Phare, qui faisaient l'objet de leur soulèvement, n'ont pas encore été démolis, les travaux n'ont pas cessé non plus.

La descente musclée de la Direction de la surveillance, du contrôle et de l'occupation des sols (Dscos) sur les lieux avant-hier, mercredi 10 juin, n'a pour le moment concerné que les petites installations aux abords de la route et qui n'ont aucune incidence ni impact environnemental réel ou presque sur le patrimoine qu'est le Phare et sur son éclat. Les bulldozers de la Dscos ont juste rasé les garages des mécaniciens, les hangars des paveurs, les installations des fleuristes et les restaurants qui se trouvaient au bord de la route, en face du Monument de la Renaissance Africaine ainsi que le mur de clôture du dernier espace vert en bas du Phare. Les grandes constructions sur le littoral ne sont pas détruites. Elles ont été épargnées par les opérations de démolition. Tout comme un bâtiment qui se trouve côte à côte des installations démolies.

LES INTOUCHABLES PEUVENT CONTINUER LEURS CHANTIERS

Lors de notre visite hier, jeudi 11 juin, nous avons trouvé sur place, d'un côté, des ouvriers qui poursuivaient les chantiers et, de l'autre, quelques matériels détruits et jetés à terre, suite à la descente de la Dscos, que les propriétaires tentent de ramasser. Les fleuristes, quant à eux, ont trouvé refuge de l'autre côté de la route. «Ils ont juste démoli ce qui ne valait pas la peine, des garages, des hangars, des restaurants. Ils pouvaient nous laisser ici parce que nous ne dérangeons personne. Ce qu'ils devraient faire, c'est d'arrêter les grands chantiers qui appartiennent à des richards de ce pays. Mais, puisque nous n'avons pas de moyens, comme ces derniers, c'est à nous qu'ils s'attaquent», déplore Assane Diagne, un paveur trouvé sur place. «Vous avez vu, aujourd'hui (hier), on est là en attendant de voir plus clair. On nous a chassés de nos installations prétextant qu'il y a des aménagements à faire. Je ne suis pas contre, si c'est pour embellir la ville. Mais il fallait d'abord commencer par ces grands bâtiments au pied de la colline. C'est ça qui inquiète les populations, mais pas nos petites installations au bord de la route», martèle Moussa Ndiaye, fleuriste.

Reste à savoir si la Dscos va conduire ce projet à terme, avec la destruction des grandes constructions au pied de la colline du Phare, comme l'avait annoncé le ministre de l'Environnement et du Développement Durable, Abdou Karim Sall. En attendant, la bataille contre les agressions multiples et la privatisation du littoral et pour que le Phare des Mamelles retrouve son éclat d'antan semble encore loin d'être gagnée pas les défenseurs de ce patrimoine commun, face à ces «grands pollueurs et prédateurs» du Domaine public maritime qui paraissent intouchables.

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