Les élèves boudent le concept «Apprendre à la maison»

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«C'est l'une des décisions les plus catastrophiques de l'histoire de l'éducation au Sénégal. Je n'ai jamais vu une décision aussi catastrophique pour l'avenir du pays», a jugé d'un ton ferme le Secrétaire général de Cusems Authentique, Dame Mbodj, au sujet des modalités de passage en classes supérieures retenues par le ministre de l'éducation nationale. Pour rappel, ledit communiqué signé par M. Talla indique que «les cours à distance « Apprendre à la maison» continueront pour des raisons de continuité pédagogique » mais les élèves sachant que les moyennes de passage en classes supérieures étaient au rabais, ont décidé de consacrer de leur temps à la recherche de l'emploi.

C'est ainsi qu'Hassatou Diallo, sénégalo-guinéenne en classe de 1ère au Cours scolaire des Parcelles Assainies (Cspa) a fait savoir qu'elle «n'est pas en mesure de suivre les cours à distance car, de toutes les façons, elle passe en classe supérieure. Je n'ai pas les moyens pour acheter plus d'1 Go de connexion par jour pour suivre les cours. Ce sont des vidéos qui consomment beaucoup de connexion». La jeune élève, prochaine candidate au baccalauréat confie : «j'ai eu de la chance d'être recrutée comme agent commercial dans une agence de télécommunications. Avec ce job je pourrai au moins m'acheter quelques besoins pour la fête de Tabaski et pour les vacances».

Comme Hassatou, Binta Guèye en classe de 4e aux cours élémentaires moyens (Cem) d'Hlm Grand-Yoff, assure que l'heure n'est plus à l'apprentissage quelle qu'en soit la forme. «Bientôt, c'est la fête de Tabaski et il me faut de l'argent pour mes besoins. Raison pour laquelle j'ai choisi d'aider l'une de mes tantes au marché pour qu'en retour elle m'aide un peu financièrement», affirme Binta Guèye. Et d'ajouter : «pour des raisons de connexions, c'est difficile de suivre les cours. Même à la télévision, ce n'est pas possible parce que je n'ai pas le monopole de la commande et aussi les rares fois que j'ai suivi ces cours, j'ai eu du mal à comprendre».

À l'image de cette dernière, une multitude d'élèves sont enrôlés par les agences de télécommunications et d'autres entreprises en tant qu'agents commerciaux. Ils parcourent à la longueur de la journée les coins et recoins de nos villes pour écouler toutes sortes de produits. Ce qui fera dire du Secrétaire général de Cusems Authentique que, «le dispositif qu'ils ont mis en place, appelé «apprendre à la maison» qui est basé essentiellement sur l'enseignement à distance avec l'internet et tous les autres outils que cela doit inclure. Le Sénégal n'a pas encore atteint ce niveau de développement. Donc, les élèves n'ont pas étudié».

DES CANDIDATS AU BAC SANS PROFESSEURS: Certains candidats sont dans une impasse.

En effet, pour des raisons de maladie, les élèves du Lycée Ahmadou Ndack Seck se sont retrouvés sans professeur de philosophie à quelques jours de l'examen. «Notre professeur de philosophie est malade. L'école essaie de trouver un autre professeur, mais ces derniers ont aussi d'autres classes. C'est des réalités qui peuvent survenir mais dans ce contexte où l'examen est si proche, c'est compliqué pour nous les élèves'», renseigne l'un des élèves dudit lycée. Et de poursuivre : «nous n'auront pas assez de temps pour les révisions.

Dans les autres disciplines, la situation est tendue car, les professeurs sans ménagement usent de toutes les possibilités pour terminer leurs programmes. Or, de notre côté, c'est plus que difficile de tous révisés avant le bac». Aussi, la période de l'hivernage n'est pas pour faciliter le bon déroulement de la préparation des examens de baccalauréat dans la région de Thiès. «Il pleut presque tous les temps ici. Avec ces pluies, les routes sont impraticables et on accuse beaucoup de retard pour se rendre à l'école à cause de cette situation. Les cahiers de cours sont mouillés par moment et des pages de cours se déchirent avec l'humidité. C'est pénible », déplore-t-il.

Par ailleurs Gabriel Faye, professeur de philosophie au Lycée Ahmadou Ndack Seck de Thiès fait savoir que «parfois, nous sommes obligés de faire des cours jusqu'à 19 heures. C'est le prix à payer pour terminer ce programme. Il n'y a pas assez de professeurs de philosophie et je crains d'ailleurs que les années qui viennent, il n'y aura plus de professeurs de philosophie ».

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