Locafrique rachette la dette de la SAR

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Plus de quinze banques internationales sont en négociation avec les actionnaires (Locafrique et l’Etat en particulier) pour éponger la dette estimée à des centaines de milliards que l’Etat du Sénégal doit à la Société africaine du raffinage (Sar) et qui l’avait plongée dans une zone de turbulence. D’après des sources de «L’As», non seulement, elle reprend son envol, mais la raffinerie est en passe d’être complètement rénovée pour accueillir les premières gouttes de pétrole made in Sénégal.

La Société africaine du raffinage (Sar), étouffée par une dette de plus de 100 milliards Fcfa qui avait fini de la mettre à genou, est en passe de sortir la tête de l’eau. «L’As» a appris que sur initiative de Locafrique, un des actionnaires, l’Etat du Sénégal est sur le point de signer une convention avec quinze banques internationales, parmi lesquelles J P Morgan, Eximbank, Deutsbank etc , pour le rachat de la dette de l’Etat. En effet, il s’agit d’une pratique courante dans la haute finance qui permet aux banques de racheter une dette pour se faire payer par l’Etat garant, avec un échéancier plus élastique et un taux d’intérêt négocié d’accord parties. C’est donc à ce système que Locafrique de Khadim Ba a fait recours pour sortir la Sar, momentanément de la crise de trésorerie qui la menace depuis quelques mois, du fait d’une dette de plusieurs milliards.

Jouant à fond la carte de la crédibilité de l’Etat, l’actionnaire stratégique a mis en branle son réseau international de banques qui a répondu favorablement. Même si nos sources disent que l’accord est acté, le Dg de la Sar relativise que le processus est en cours, sous la conduite du ministère des Finances. Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’une bouffée d’oxygène de la Sar, d’autant qu’en plus de ce cash, elle est sur le point de finaliser un projet de modernisation et d’extension technique, qui devrait faire de la compagnie une nouvelle raffinerie, à même d’accueillir les premières gouttes du pétrole national dont l’exploitation est prévue horizon 2023. «En lieu et place d’une nouvelle raffinerie qui couterait des milliards sur une durée de 8 à 10 ans, nous avons pris l’option d’une raffinerie rénovée», a martelé Serigne Mboup.

De quoi faire applaudir le syndicaliste Cheikh Diop qui réclame à cor et à cri les 10% du capital pour le personnel, mais aussi l’ouverture de la gestion du Fonds de soutien à l’énergie aux acteurs. «Cela permettrait au Fonds d’être bien géré. Alors qu’en ce moment, l’argent du Fse est utilisé à d’autres fins», relève-t-il. D’après nos interlocuteurs, derrière cette embellie à la Sar, il y a une volonté de Locafrique (34%) qui veut devenir majoritaire, de prouver à l’Etat sa volonté de maintenir le raffinage, mais aussi de rendre la compagnie attrayante et rentable.

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