MALI : les recommandations de la CEDEAO auxquelles le M5-RFP n'a pas adhérées..

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Après une mission de quatre jours au Mali pour rabibocher le Mouvement du 05 juin et le pouvoir, la mission de médiation de la CEDEAO a produit un communiqué final diffusé ce dimanche 19 juillet.

Sous la conduite de l'ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan, la mission affirme s'être entretenu avec le président Ibrahim Boubacar Keïta, son Premier ministre Boubou Cissé, l'Imam Dicko, figure emblématique du M5, la majorité présidentielle et des représentants du Comité stratégique du M5 RFP.

Après avoir présenté ses condoléances suite aux évènements de ces derniers jours, la mission a recommandé aux autorités de finaliser les enquêtes sur les deces survenus lors des manifestations des 10, 11 et 12. Ces enquêtes, poursuivent les émissaires de la CEDEAO, doivent s'étendre à toutes les violences et destructions des biens publics tels que l'Assemblée nationale, l'ORTM et le Haut conseil des collectivités territoriales.

À l'issue des consultations avec toutes les parties prenantes, la mission a noté que les problèmes de la crise sociopolitique s'articulent autour des questions de gouvernance ainsi que des points soulevés par la mission ministérielle de la CEDEAO du 18 au 20 juin 2020, notamment la reconstitution de la Cour constitutionnelle après l'abrogation du décret de nomination de ses membres, la résolution du litige concernant les 31 sièges contestés au Parlement et la formation d'un gouvernement d'union nationale.

À ces points, ajoute le communiqué final, s'ajoutent les préoccupations liées aux évènements tragiques des 10, 11 et 12 juillet 2020.

À cet égard, fait observer la délégation conduite par le président Jonathan, elle a formulé des propositions de sortie de crise, allant à la reconstitution de la Cour constitutionnelle sur la base d'un consensus, la résolution du litige sur les 31 sièges de l'Assemblée nationale, la mise en place urgente d'un gouvernement d'union nationale, sur la base du consensus tenant compte des recommandations du Dialogue nationale inclusif.

Pour le gouvernement d'union nationale, la mission de médiation de la Cedeao propose que ses membres proviennent de la majorité à raison de 50%, de l'opposition (30%) et de la Société civile (20).

Selon la mission de médiation, ce gouvernement nouvellement formé devra accorder une priorité à «l'amélioration de la gouvernance, aux réformes prévues dans les conclusions du Dialogue national inclusif et à l'accélération de la mise en oeuvre de l'accord d'Alger».

La mise en oeuvre de ces mesures devrait être effective au plus tard le 31 juillet, c'est-à-dire dans moins de deux semaines.

En outre, la mission rappelle l'importance et la nécessité du respect des institutions de la République, notamment les voies constitutionnelles pour l'accession au pouvoir et ce, conformément au Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance de la CEDEAO. Selon la Cedeao, aucune forme de changement non constitutionnel d'accession au pouvoir ne sera acceptée.

Un comité technique pour assurer le suivi de la mise en oeuvre de ces recommandations, sera mis en place. Il sera composé de représentants du Gouvernement, du Parlement, de la Société civile, de la Magistrature, des représentants des femmes et des jeunes et de la Représentation de la CEDEAO au Mali.

La Cedeao reconnait cependant que le Mouvement du M5 RFP n'a pas adhéré aux mesures qu'il a proposées pour une sortie de crise. Néanmoins, elle assure que tout sera mis en oeuvre pour la réalisation des mesures proposées.

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