MOURCHID AHMED IYANE THIAM SUR LA PRATIQUE ISLAMIQUE : « Les femmes et les enfants sont victimes d'une mauvaise compréhension des textes''

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Le président du Conseil supérieur islamique du Sénégal, Mourchid Ahmed Iyane Thiam, a présenté son livre « L'islam : Justice et humanisme'', samedi dernier. Préfacé par le défunt khalife général des tidianes Serigne Mouhamadou Mansour Sy, cet ouvrage est une invite à une religion d'union, de tolérance et de droiture.

Le livre « L'islam: Justice et humanisme'' de Mourchid Ahmed Iyane Thiam est un ouvrage qui ne traite pas des pratiques cultuelles, « mais va au-delà, en parlant du pourquoi de ces pratiques cultuelles'', a d'emblée précisé l'auteur lors de la cérémonie de dédicace du livre qui s'est tenue ce samedi à Dakar. Dans son ouvrage, le président du Conseil supérieur islamique du Sénégal met l'accent sur les fondements de la religion musulmane. Il parle de l'islam, par essence, dans sa particularité et son universalité.

Ainsi, il balaye les idées fausses attribuées à cette religion et interpelle les consciences en ces termes : « Une religion de paix et non de terrorisme. Une religion de loyauté et non de trahison. Une religion d'action et non de paresse. Une religion de science et non d'ignorance.'' Ces idées sont parfois issues d'une mauvaise interprétation des textes coraniques. Car il est fondamental de comprendre la langue pour pouvoir traduire les décisions juridiques, la jurisprudence dans l'islam. C'est pour cela que Mourchid Ahmed Iyane Thiam, qui accorde une importance capitale à la recherche des savoirs, invite les traducteurs à la prudence.

D'ailleurs, son livre est vu, sous cet angle, comme « une confirmation d'un statut prestigieux'' de la femme en islam.

En effet, parmi « les victimes'' des mauvaises traductions, M. Thiam, comme un grand défenseur, cite les femmes et les enfants. Pour lui, « les femmes sont lésées par une mauvaise compréhension des textes par rapport au divorce''. Quant à l'enfant à qui l'on empêche d'hériter, parce que naissant de liaisons hors mariage, M. Thiam estime que « cet enfant est venu au monde comme tout autre individu. Pourquoi doit-il porter le fardeau,alors qu'il n'a rien fait?'', s'interroge-t-il. « Si des individus ont violé la loi, ce n'est pas l'enfant qui est fautif'', affirme-il, faisant allusion à un verset qui indique que « nul ne portera le fardeau d'autrui''.

Au sujet de l'humanisme, il montre la meilleure voie pour inviter l'humanité à l'islam: « Allah (SWT) n'a octroyé à personne le droit d'imposer la foi à qui que ce soit, de le contraindre à embrasser l'islam. Ce que l'on attend de tout réformateur fidèle, désireux de diffuser la religion de Dieu, c'est simplement d'inviter avec sagesse''. En effet, de nos jours, lorsqu'on aborde la question du radicalisme, tous les esprits se tournent vers l'islam, comme si c'était le seul vecteur de cette attitude intransigeante et réformatrice. La cause réside dans le fait que les promoteurs du radicalisme en islam prônent non pas seulement une attitude de repli et de réforme, mais ils promeuvent aussi la violence pour y arriver. Le radicalisme religieux se nourrit d'une idée d'universalité qui ne se fonde pas sur la concurrence argumentaire enseignée dans le Coran.

Mourchid Ahmed Iyane Thiam, lui, a prôné un islam universel et non monarchique. « L'islam, dans le vrai sens du terme, s'intéressant à tous les aspects de la vie humaine, magnifiant ainsi le rôle de l'intelligence islamique'', dit-il. L'auteur combat les vices de la société à travers le message universel du Prophète (SWT): « Faire sortir les gens de l'humanité aveugle vers un humanisme tolérant, d'une vie de barbarie vers une vie humaniste, d'ordinaire vers la lumière de la science.''

L'auteur est revenu, dans cet ouvrage, sur le dialogue islamo-chrétien.

Par ailleurs, pour le président du Conseil supérieur islamique du Sénégal, l'histoire de ce pays a montré, à travers une période allant du XVIIIe au XIXe siècle, une succession « de saints hommes, une pléiade représentant une lumière''. Le chapitre 14 et une partie du chapitre 13 de « L'islam : Justice et humanisme'' parlent de la genèse des grands foyers religieux.

Selon Mourchid Ahmed Iyane Thiam, « tous les hommes religieux sénégalais sont issus de la même famille''. Par conséquent, l'auteur interpelle sur le retour aux sources pour une belle propulsion vers l'avenir. En d'autres termes, s'appuyer sur le passé pour mieux rebondir vers le futur. « La diversité des sciences et l'explosion des connaissances ne doivent favoriser ni la rigidité ni l'indolence intellectuelle'', dit-il, estimant que l'éducation et les savoirs sont les seuls remèdes pour nous réapproprier ce qui nous appartient.

La cérémonie de présentation s'est tenue en présence de bon nombre de personnes de différentes religions, différentes organisations et de diverses familles religieuses. « L'islam : Justice et humanisme'' est édité en arabe et en français. « La préface posthume (2006) du défunt khalife général des tidianes Serigne Mouhamadou Mansour Sy (1925-2012) donne de la ''garantie'' à ce livre de près de 350 pages « qu'on investit le champ de la connaissance et quand on sait la dimension intellectuelle et spirituelle de ce dernier'', a déclaré le ministre de la Culture et de la Communication Abdoulaye Diop qui a manifesté sa disponibilité pour la promotion de ce livre à l'international et son extension à d'autres champs linguistiques, notamment l'anglais.

La professeure Marième Cissé Thiam de la faculté des Sciences et Techniques a, pour sa part, salué « la beauté de cet ouvrage qui est vraiment un outil pour tout intervenant, tout constructeur d'une société de paix et de justice''. Aussi, estime-t-elle, « ce livre vient boucler tout simplement le parcours d'un homme qui a consacré toute sa vie à l'islam. Il invite l'individu qui se dote d'un savoir, d'un bon de se référer à notre Prophète Mouhamed (PSL) pour vivre en paix avec lui et avec les autres''.

BABACAR SY SEYE

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