Sénégal : Malade de sa Santé; son foncier, une poudrière en veilleuse

Par , publié le .

Actualité

La lancinante problématique de la santé avec un plateau technique dépourvu de tout et le foncier, sont des questions plus importantes qu'un Gouvernement d'Union nationale tant chantée.

Car, si on y prend garde, le foncier dénoncé parce que bradé par tout à travers le pays risque d'engendrer une situation très fâcheuse aux conséquences incommensurables. Si le Sénégal est malade de sa santé, son foncier est une poudrière en veilleuse.

Le Sénégal malade de sa Santé

Au Sénégal, les hôpitaux de certaines régions de l'intérieur de notre pays ne le seraient-ils que de nom ? La question mérite d'être posée au regard des difficultés que rencontrent les usagers et le personnel médical, surtout en cas d'urgence.

Au-delà des problèmes de logistique, le président de l'Alliance And Gueusseum dénonce aussi un problème de capacité d'accueil au niveau des hôpitaux régionaux.

Dans un document réalisé parsenplus.com, des spécialistes de la Santé ont montré avec des preuves à l'appui que «le Sénégal est malade de sa Santé».

«Vivre en dehors de Dakar constitue un danger» !

Pendant ce temps, «on préfère faire la sourde oreille et la politique de l'autruche», a-t-il martelé. Le Dr Serigne Falilou Samb de renchérir en soutenant que le grand problème au Sénégal, c'est qu'on n'a jamais eu de politique sanitaire mais une politique de soins.

«Toutes nos politiques ont été articulées sur la lutte contre les maladies au détriment d'un système sanitaire cohérent et efficient, en confondant la santé, la médecine et la maladie », a dit le gynécologue.

A l'en croire: « vivre en dehors de Dakar constitue un danger. Au Sénégal, on a un ministère de la « maladie publique », un système qui subit, qui est plutôt réactif et non planifié. Nos dirigeants sont dans l'économie de la santé et non dans la santé de l'économie ».

Sur ce point, Mballo Dia Thiam d'And Gueusseum rappelle que son syndicat a toujours soutenu que l'approche maladie n'est pas une approche viable. « Il faut qu'on aille vers une approche sanitaire à la place d'une approche maladie. Parce qu'on ne mettra jamais suffisamment d'argent pour les maladies.

En revanche, pour la prévention, on peut en faire autant et réussir ». Le patron d'And Gueusseum estime qu'une politique de santé, « ce n'est ni un chapelet de voeux pieux, ni une verticalisation ou une juxtaposition de programmes encore moins une série de slogans».

Selon toujours Mr Thiam: «l'investissement à hauteur de milliards de francs CFA dans le système de santé n'est qu'une pommade qui ne soulage même la douleur. Tellement celle-ci est atroce».

Il considère que « les milliards investis, c'est beaucoup d'efforts, certes », mais qui restent insuffisants parce que les subventions ne sont pas au prorata des charges. Sur un budget national de 4 000 milliards, la santé ne se retrouve qu'avec à peu près 200 milliards.

C'est à peu près 5 à 6 % du budget. Ce alors qu'on devrait se situer à au moins 15 %. « C'est vrai, c'est beaucoup d'efforts. Seulement, la démographie galope, les besoins s'accroissent. D'où l'insuffisance par rapport à nos ambitions.

Il y a également l'insuffisance des crédits et des fonds de dotation alloués à ces structures. Lesquelles ne disposent pas non plus de budgets d'investissements pour s'équiper ou se rééquiper ».

Quant au Dr Falilou Samb, il estime que « croire que les évacuations sanitaires à l'étranger sont plus rentables que construire et équiper des hôpitaux, bien former ses médicaux et paramédicaux, c'est se tromper de perspective et mettre en péril la vie des Sénégalais».

Le foncier, une poudrière en veilleuse

Depuis un certain temps, les litiges fonciers dans la région de Dakar et à l'intérieur du pays sont monnaie courante dans l'espace public sénégalais. Malgré l'existence de la loi sur le domaine national, l'anarchisme qui règne dans le secteur génère de nombreux conflits.

Une enquête d'opinion réalisée par le réseau Afrobaromètre révèle que 70% des sénégalais considèrent que la terre est une ressource nationale et sont défavorables à la cession des terres aux étrangers. C'est ce qui est ressorti d'un atelier d'information co-organisé avant-hier mardi avec ENDA Pronat.

«Perdre ses terres c'est perdre sa souveraineté nationale», comme en atteste ce qui se passe à Ndengler. Les populations autochtones de cette localité de Mbour refusent de devenir des «étrangers» chez eux.

Ce qui a suscité un véritable bras de fer avec l'homme d'Affaire Babacar Ngom de la Sedima. Il a fallu l'intervention de l'Etat pour faire revenir le calme dans la localité.

A Guediawaye, le collectif pour la sauvegarde du littoral, durcit le ton, et marche pour que cesse le bradage de leur littoral.

C'est le même constat sur toute l'entendue du territoire national. Les terres sont bradées et deviennent sources de vives tensions.

Si rien n'est fait par l'Etat, cela risquera d'engendrer une situation aux conséquences incommensurables.

Pape Alassane Mboup-Senegal7

O commentaire

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas publié. Champ obligatoire (*)