Nigeria : Emmanuel Ibe Kachikwu, inamovible ministre du pétrole, limogé par Buhari

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Lutte contre Bokko Haram ou recherche d’alternatives lors de la chute des prix du pétrole, Emmanuel Ibe Kachikwu a été de tous les combats au cours du premier mandat de Muhammadu Buhari. Sans aucune justification officielle, le responsable du secteur pétrolier vient d’être démis de ses fonctions.

Au Nigeria, Emmanuel Ibe Kachikwu a cédé sa place à Timipre Silva, au poste de ministre d’Etat chargé du Pétrole. Le nouveau membre de l’Exécutif aura pour mission la gestion quotidienne des activités liées au pétrole. Comme lors de son précédent mandat, c’est Buhari en personne qui se chargera de l’ensemble du portefeuille du secteur. Aucune information n’a pour l’instant filtré sur les réels motifs de ce départ-surprise sachant qu’Ibe Kachikwu a été présent sur tous les dossiers liés au secteur depuis l’arrivée au pouvoir de Muhammadu Buhari en mars 2015. Son mandat a été marqué par des périodes difficiles durant lesquelles l’économie nigériane avait failli s’effondrer.

En 2016, en pleine crise politique et sécuritaire conséquente notamment aux attaques récurrentes de Bokko Haram, le Nigeria a vu sa production chuter de 2,4 millions b/j à 700 000 en janvier 2016. Le tout dans un contexte mondial de crise pétrolière durant laquelle le baril s’est négocié à moins de 30 dollars sur les marchés financiers.

Kachikwu, ancien cadre d’Exxon Mobil et négociateur en chef du Nigeria lors des réunions de l’OPEP, était également impliqué dans les négociations avec les groupes armés dans le Delta du Niger. Ces derniers choisissaient le sabotage d’installations pétrolières pour dénoncer entre autres la pollution de leur environnement par les multinationales et une mauvaise répartition des ressources extraites de la région.

Dans une lettre à Muhammadu Buhari en octobre 2017, Kachikwu dénonçait la corruption au sein de la compagnie nationale pétrolière, la puissante NNPC, suscitant l’ire de quelques proches du président. Une volonté de transparence qui n’est pas sans conséquence dans un pays gangrené par la corruption. C’est également sous son mandat que le Nigeria a été condamné le 16 août dernier à verser 9,6 milliards de dollars à Process and Industrial Developments Ltd, une petite compagnie minière, dans un contentieux opposant les deux parties dans un projet gazier avorté. Le montant équivaut à 20% des réserves de change du pays.

Avec Latribune Afrique

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