L’autorisation préfectorale tardive, pointée du doigt

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Politique

Etait-ce l’impact des interdictions préfectorales cumulées de ses manifestations, la Coupe d’Afrique des nations de football ou simplement un essoufflement généralisé de ses sympathisants ? Le moins que l’on puisse dire en tout cas, c’est que samedi dernier, ce n’était pas le grand rush au boulevard du Centenaire. Pour les initiateurs, l’autorisation tardive du préfet destinée à briser le mouvement, a largement joué dans le «sabotage» du rassemblement de samedi.

Une mobilisation en net recul, à la place de Nation, samedi pour le rassemblement de la plateforme citoyenne « Aar Li Nu Bokk ». Finalement autorisée par l’autorité préfectorale, la dernière manifestation de la plateforme citoyenne engagée dans une sorte de «mortal kombat» pour la transparence dans la gestion des contrats pétroliers et gaziers au Sénégal n’a pas connu ses grands moments de mobilisation. Comparée aux dernières manifestations qui avaient vu la plateforme «Aar Li Nu Bokk» drainer une foule énorme, celle de samedi a été assez clairsemée. Et les forces de l’ordre présentes sur les lieux pour parer à toute éventualité de débordement n’avaient guère du souci à se faire. Cela n’a toutefois pas empêché les leaders politiques et autres leaders d’opinion membres de la plateforme de monter au créneau pour dénoncer de vive voix aussi bien la disposition de l’autorité à fragiliser le mouvement que le présume scandale autour de cette affaire de pétrole et de gaz. Selon ainsi le porte-parole du mouvement Y’en a marre, le préfet de Dakar, Aliou Badara Samb, a tardé à donner une suite à la demande d’autorisation du rassemblement, tout en estimant que c’est là une stratégie pour briser la mobilisation.

Aliou Sané d’expliquer:«C’est à 11heures que le préfet nous a remis une notification pour nous dire que la marche est autorisée. Vu que certains Sénégalais n’ont pas un état d’esprit de combattants, ils sont restés chez eux. Contrairement à nous qui sommes là». Abondant dans la même dynamique, le leader du parti Pastef les Patriotes, Ousmane Sonko, s’est offusqué de cette mobilisation timide de «Aar Li Nu Bokk» pour exiger plus de transparence dans la gestion des ressources naturelles. «Des gens m’ont appelé pour nous féliciter dans la lutte, d’autres m’ont interpellé sur les réseaux sociaux. On n’a pas besoin des Sénégalais derrière nous. Mais plutôt d’être avec nous. Ces Sénégalais qui sont restés chez eux pensent que ce combat n’est pas le leur, ils se trompent lourdement ». Poursuivant son argumentaire; Ousmane Sonko a fait savoir que les Sénégalais sont «tous d’accord avec la renégociation de nos contrats pétroliers et gaziers ».

Non sans relever que « l’affaire Pétro-Tim n’est rien contrairement à ce que le régime a fait». Et de révéler dans la foulée que « Macky Sall a encore bradé notre fer». Quant au maire de Mermoz Sacré-coeur, Barthélémy Dias, il a exigé la démission d’Aly Ngouille Ndiaye, alors ministre de l’Energie, au moment de la signature des contrats pétroliers. Non sans manquer de relever que la «plateforme Aar Li Nu Bokk a aujourd’hui une responsabilité historique qu’elle assume en pleine citoyenneté dans un patriotisme remarquable ». Dès lors, a dit Barthélémy Dias, «Il ne s’agit de mobiliser un million de personnes et des milliers de personnes. Mais il s’agit de faire comprendre à Macky Sall que nous restons mobilisés jusqu’à ce qu’il accepte de renégocier les contrats qui ont illégalement signés au détriment du peuple sénégalais».

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