CAN 2019 : Sénégal, Tunisie, Algérie, Nigeria… qui pour la finale ?

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Algérie, Nigeria, Sénégal, Tunisie : laquelle de ces sélections s'envolera d'Egypte le 19 juillet avec la Coupe d'Afrique des nations 2019 ? © Sunday Aghaeze/AP/SIPA

L’Algérie et la Tunisie ont à ce jour remporté une seule Coupe d’Afrique des Nations, à domicile, respectivement en 1990 et 2004. Sur les chemins tortueux menant à leurs graals, ils ont trouvé leur adversaire du jour en demi-finale de l’édition 2019 : le Nigeria pour l’Algérie, le Sénégal pour la Tunisie. Récit de deux batailles épiques.

Algérie-Nigeria 1-0 (1990) : Acte II conquis à l’arraché

Le 16 mars 1990, dans un stade du 5 juillet comble, l’Algérie est à quatre-vingt-dix minutes de remporter le premier trophée continental de son histoire, chez elle, apothéose d’une magnifique décennie des eighties, avec les deux qualifications au Mondial, en 82 et 86. De la génération victime du match de la honte Autriche-RFA, seul Rabah Madjer est encore là, chef de file avec l’attaquant de Nîmes Djamel Menad d’un groupe jeune (vingt-cinq ans de moyenne d’âge) et en majorité issu du championnat local puisque seuls quatre des vingt-deux convoqués évoluent en Europe. La JS Kabylie se taille la part du lion avec sept joueurs présents dont certains, comme le futur auxerrois Moussa Saïb et l’attaquant Abdelkrim Djahnit, parachèvent leur année quatre-vingt-dix en remportant la Coupe des Clubs Champions face aux Zambiens de Nkana Red Devils.

En face, se présente le Nigeria, finaliste malheureux de l’édition 1988, et étrillé par l’Algérie (5-1) au match d’ouverture deux semaines plus tôt, dans le même stade, sous l’impulsion d’un duo Madjer-Menad déchaîné (un doublé chacun). Les Super Eagles n’avaient pu que sauver l’honneur par le biais d’Emmanuel Okocha, grand frère du magicien Jay-Jay (ou Augustine pour les spécialistes de vignettes Panini). Mais certains artisans des futurs succès nigérians des années quatre-vingt-dix sont déjà là, comme le roc Uche Okechuwku en défense, et la doublette Amokachi-Yekini en attaque. Ce dernier permet à son équipe de se qualifier pour les demi-finales en étant l’unique buteur des deux courtes victoires qui suivent la débâcle du 2 mars face aux Algériens (1-0 face à l’Égypte puis 1-0 face à la Côte d’Ivoire) puis contribue à écarter la Zambie en demi-finales (2-0, buts de Yekini et Okechuwku).

Autant dire que les retrouvailles ne s’annonçaient pas du même tonneau que le match d’ouverture. Et en effet, dans un match sous haute pression les trois chasseurs de buts que sont Menad, Madjer et Yekini resteront muets et l’Algérie se trouve un héros moins attendu que la doublette prolifique, en la personne de l’attaquant de Sochaux Chérif Oudjani, seul buteur à la 38e minute sur une frappe du droit dans l’axe aux vingt mètres qui vient mourir dans le petit filet d’Alloysius Agu, après une inspiration de Moussa Saïb. Les Nigérians ne pourront pas revenir, perdent leur seconde finale consécutive, et l’Algérie est sacrée pour la première fois de son histoire.

Tunisie-Sénégal 1-0 (2004) : pugilat dans le brouillard

Défenseur central de la Tunisie à l’époque, Khaled Badra pose le décor dans un témoignage sur la radio tunisienne IFM : « On a joué face à des murs. Sur les duels aériens contre Papa Bouba Diop, on alternait avec Radhi Jaidi (NDLR : son compère en défense centrale). Quand Diop déployait ses bras pour monter, on aurait dit du béton armé. Sur un duel, j’arrive en retard et lui mets un coup de coude dans le cou. Il ne bouge pas, il se retourne vers moi comme si c’était un moustique qui l’avait piqué, et me dit « qu’est-ce que tu fais mon ami ? » j’ai levé les mains et dit « rien ». C’était un match très dur ».

Des duels aériens, il y en a eu dans ce quart de finale sulfureux de CAN 2004 opposant au stade de Radès le pays organisateur, la Tunisie (première du Goupe A) et le Sénégal (deuxième du groupe B) dans une confrontation entre mondialistes deux ans auparavant. Mais pas que. Il y a eu aussi un combat acharné au cœur du terrain entre deux milieux de terrain plutôt profilés pour défendre et imposer un défi physique que pour la création, avec un léger avantage pour la Tunisie dans les transitions, un pressing sénégalais qui a étouffé le meneur de jeu Selim Benachour, et ce but mystique dans le brouillard de Mnari sur un centre en retourné acrobatique de Jaziri. But déclenchant la rage du banc et des titulaires des Lions de la Teranga, qui réclament une faute au départ de l’action.

Cette rage, décuplée au gré des multiples manières de grappiller des secondes côté tunisien finira par dégénérer en bagarre générale au cours des dix minutes d’arrêts de jeu, avec des droites qui partent comme celle qu’El-Hadji Diouf décoche en direction de Riadh Bouazizi. Las, les minutes s’écoulent sans que le Sénégal ne trouve la solution et une ultime frappe d’Habib Beye qui fuit le cadre à la 100e minute met fin aux espoirs de qualification des hommes de Guy Stéphan. Les Aigles de Carthage poursuivront eux leur envol, en sortant le Nigeria en demi-finale puis en terrassant le Maroc en finale pour se poser sur le toit de l’Afrique pour la première fois.

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